07.05.2007
« Pour une gauche décomplexée »
Membre du Conseil national
Co-animateur du CSPRG
Que t’inspirent les résultats du second tour ?
Beaucoup de tristesse et d’amertume, de tristesse d’abord en pensant à celles et ceux qui souffrent depuis tant d’années de la politique menée par la droite et qui vont être les premières victimes de celle que mènera Nicolas Sarkozy.
Amertume ensuite parce que cette élection, nous ne pouvions pas la perdre. Jamais, nous n’avons eu une droite aussi dure et réactionnaire. Le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin est catastrophique à tout point de vue.
Pourquoi alors la gauche a t-elle perdu ces élections ?
Notre candidate nous a demandé toute liberté d’action, ce qu’elle a eu. Elle a choisi, très souvent de manière déconcertante d’ailleurs, la stratégie à suivre, stratégie qui nous a mené à la défaite que nous connaissons.
Il lui revient de faire l’analyse et de tenter d’expliquer pourquoi l’échec est aussi cuisant. Pour pouvoir mener ce travail d’analyse, il faudrait d’abord qu’elle réalise que nous avons perdu. Au vu des images télévisées qui ont suivi l’annonce des résultats, je ne suis pas certain qu’elle en ait pris conscience.
Beaucoup ont été surpris, justement, par son attitude hier soir, comment l’interprètes-tu ?
Je ne sais pas si cette attitude correspond à cette nouvelle façon de faire de la politique qu’elle a tant défendue mais j’ai trouvé cela, pour ma part, décalé. La défaite est lourde, sévère, cruelle pour les plus faibles. Il n’y avait donc aucune raison de sourire en tenant des propos qui, il faut bien le dire, n’étaient pas à la hauteur de l’événement. Si l’on pense réellement ce qu’elle a répété ces derniers jours que « Sarkozy est une menace pour la République » alors, la situation exigeait un peu plus de gravité.
En ce qui te concerne, quelles sont, pour toi, les raisons de la défaite ?
Les raisons sont nombreuses, celles qui touchent d’abord à la stratégie. Incapacité à rassembler son parti, incapacité à rassembler les électeurs de la gauche en pratiquant « la danse du centre », incapacité encore à créer une dynamique d’entre deux tours.
Les raisons de fonds ensuite. Sous couvert de modernité, Ségolène Royal, a défendu des thèmes inhabituellement défendus avec tant d’ardeur à gauche (l’encadrement militaire, la réhabilitation de la valeur travail, l’ordre juste, la stratégie du gagnant –gagnant, l’immigration au cas par cas..). Ségolène Royal a, à sa manière, participé à la droitisation de cette campagne comme Lionel Jospin, sur les questions de sécurité, l’avait fait en 2002. Et comme d’habitude, à force de vouloir séduire sur sa droite, on perd sa gauche sans pour autant gagner une seule voix de l’autre côté.
Comment envisages-tu l’avenir du parti socialiste ?
Il faut d’abord et de toute urgence que le Premier secrétaire retrouve toute son autorité. Notre parti a, à travers lui, été trop souvent méprisé durant cette campagne.
Au nom de la liberté de la candidate, le parti a laissé dénaturer son projet ; de la généralisation des 35 heures, nous sommes passés à une vague discussion avec les partenaires sociaux, de l’abrogation des Lois Fillon à une simple remise à plat, d’autres réponses ou propositions comme celles relatives à notre politique énergétique, à l’immigration ou encore à l’Europe, ont été soit vidées de leur sens, soit édulcorées.
Sur la question des alliances, le parti a, là aussi, été méprisé et placé devant le fait accompli puisqu’elle décidât, seule, l’entrée possible de ministres UDF dans un futur gouvernement allant jusqu’à envisager publiquement de nommer François Bayrou, Premier ministre.
Alors selon toi, il suffirait de redonner toute son autorité au premier secrétaire ?
C’est un préalable. A quoi sert le parti socialiste, à quoi sert le collectif si chacun est libre, sitôt désigné, de faire ce que bon lui semble ?
Si l’attitude d’Eric Besson, les attaques de Claude Allègre ou les déclarations concernant l’alliance avec le centre de Bernard Kouchner ou Michel Rocard trois jours avant le premier tour, témoignent bien du peu d’intérêt qu’ils portent au collectif, cela montre aussi que notre parti aujourd’hui, dans son fonctionnement, rencontre de graves problèmes qu’il aura à régler rapidement.
Quelles sont pour toi désormais les trois priorités ?
L’actualité maintenant, c’est de gagner les élections législatives. Pour cela, il ne faut pas reproduire localement les erreurs de la campagne présidentielle. Il faut se présenter aux électeurs en tenant un discours clairement de gauche. C’est la seule stratégie gagnante. L’attitude de celles et ceux qui ont déjà acté la défaite est indécente. Il faut qu’il y ait un véritable contre-pouvoir, cela passe par l’élection d’un maximum de députés. Il faut ensuite faire le bilan de la campagne sans tabou, sans langue de bois, en évitant qu’une nouvelle chape de plomb s’abatte sur le parti.
Le bilan du 21 avril 2002 n’a pas été permis, pas plus que celui de la victoire du Non qui a vu, le 29 mai 2005, le PS en décalage avec les deux tiers de son électorat. Aurons-nous, cette fois-ci, le courage de mener l’analyse à son terme ? Ce travail sera d’autant plus difficile que les rénovateurs d’hier, ceux qui depuis le congrès de Dijon incarnaient un espoir de changement au sein du PS, ont pour la plupart abandonné le combat, menant une campagne jusque-boutiste bien souvent en décalage avec ce qu’ils défendaient il y a encore quelques mois.
Il faut enfin rassembler au plus vite toute la gauche sur des bases clairement redéfinies. Cela passe par la création d’un parti de gauche, redonnant espoir à notre électorat, un parti décomplexé qui n’ait d’autre but que de changer la vie.
Retrouvez l’interview sur le site du Collectif des socialistes pour le rassemblement de la gauche : http://csprg.hautetfort.com/
18:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, sarkozy, ps, socialiste, PS, 2007, presidentielle
25.02.2007
ommuniqué de presse de Marie-Noëlle Lienemann, André Laignel, Emmanuel Maurel et Michaël Moglia
Marie-Noëlle Lienemann, André Laignel, Michaël Moglia et Emmanuel Maurel, élus et responsables socialistes , ont signé la pétition lancée par le mensuel Alternatives économiques intitulée "Pourquoi nous consentons à l'impôt".
Ils estiment indispensable une large mobilisation des citoyens en faveur d'une politique fiscale et budgétaire ambitieuse afin d'assurer une protection sociale, un fonctionnement de l'Etat et des collectivités locales et services publics de qualité pour tous et de garantir une juste redistribution des richesses.
Ils s'indignent de la proposition des candidats de droite d'alléger les impôts sur l'héritage. Il s'agit bien là d'un choix de société: la solidarité plutôt que le chacun pour soi, valoriser ceux qui travaillent et créent plutôt que les rentiers.
16:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, présidentielle2007, royal, sarkozy
28.11.2006
Démission de Rénover, maintenant
Suite à plusieurs désaccords de fond, lors de la campagne interne, avec Arnaud Montebourg quant au choix du soutien apporté à la candidature de Ségolène Royal et en raison de problèmes de forme que je désapprouve, j’ai décidé de quitter le poste de secrétaire général que j’occupais au sein de « Rénover, maintenant », depuis sa création.
A l’occasion du Conseil d’administration réuni le 25 novembre à Paris, j’ai également annoncé ma décision de quitter ce courant.
Depuis qu’Arnaud Montebourg a décidé au mois de juillet de soutenir la candidature à la candidature de Ségolène Royal, il n’a eu de cesse que de vouloir imposer cette décision personnelle à l’ensemble des militants et sympathisants de « Rénover, maintenant. »
Souhaitant obtenir une adhésion unanime de RM, tous les moyens furent utilisés.
Au fil des jours puis des semaines, chacun a bien compris que, dans les conditions de son ralliement, figurait le don du courant à la candidate.
A grand renfort de communication, le mouvement de nombreux responsables nationaux, animateurs régionaux, départementaux et militants ayant fait un autre choix a été sciemment et méthodiquement nié.
Notre démarche militante aurait pu se poursuivre en commun si le libre choix avait été accepté lors de nos journées d’été, fin août à Fouras, ou si la possibilité avait été donnée à chaque militant, par l’organisation d’un vote clair, de décider de suivre ou non la démarche personnelle engagée par Arnaud Montebourg.
En démissionnant, je manifeste ainsi ma déception de voir « Rénover, maintenant » s’éloigner des pratiques rénovatrices dont nous nous réclamions.
Pourtant, la nécessité de renforcer notre ancrage clairement à gauche et de rénover les pratiques militantes reste plus que jamais d’actualité à quelques mois de l’élection présidentielle.
Passée la déception, c’est une nouvelle aventure rénovatrice qui démarre.
11:15 Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, présidentielles2007, montebourg, fabius, royal
06.11.2006
13h du 4 novembre
Samedi, après être intervenu à l'Ag fédérale du PS de Vendée, j'ai été interviewé en duplex de La Roche-sur-Yon pour le journal de 13h de TF1, où j'ai expliqué les raisons de mon soutien à Laurent Fabius.
20:35 Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, présidentielles2007, fabius, royal, DSK, montebourg
31.10.2006
La Lettre de Benoît Hamon
Lettre ouverte aux amis que je conserve à Rénover Maintenant.
Je maintiens avec plusieurs d’entre vous, je crois, une relation solide bâtie sur le respect mutuel, la reconnaissance d’un engagement fondé sur de robustes convictions de gauche et le désir de servir notre camp.Cela fait quelques temps que l’on ne s’est plus parlé. La direction de votre courant vient de m’en donner l’occasion. J’ai l’honneur de faire partie des cibles de la dernière saillie argumentaire de la lettre de Rénover Maintenant.En cause, si je comprends bien, mon choix personnel de voter Laurent Fabius.
Qui m’accuse ? Sans doute les mêmes qui voulaient fusionner NPS et le courant de Laurent Fabius lors du congrès du Mans, processus auquel je m’étais opposé au nom de l’unité du NPS il y a deux ans.
Qui me met à l’index ? Sans doute ceux qui il y a quelques mois, me démarchaient personnellement pour empêcher la candidature de Ségolène Royal. « On ne peut pas laisser faire ça », me disaient ils. « Il faut que tu donnes tes signatures au CN pour parrainer la candidature d’Arnaud ». Amusante conception de la vie politique qui consiste encore à croire que les uns et les autres disposent d’une rente politique qui les autorise à « balader leurs troupes » au gré de leur promenade personnelle sur l’échiquier du parti
Qu’incrimine t'on ? Sans doute, mon aveuglement, mon cynisme ou mes calculs, dans le choix d’un candidat insincère et mollétiste. Vous conviendrez qu’au vu des sondages et des pronostics, je n’ai pas choisi le chemin le plus facile vers les ors et les gratifications. Vous conviendrez aussi qu’au moment du choix du oui ou du non au TCE, lui-même n’a pas écouté ce que « l’opinion que l’on mesure », l’invitait à répondre.
Que ça plaise ou non, et même si je n’aurai pas prédit qu’elle fût celle là, j’ai choisi la cohérence avec notre histoire depuis cinq ans. Je dis « notre histoire » car nous en avons partagé l’essentiel. Cette cohérence consiste à refuser la personnalisation du débat politique, à préférer la 6ème République aux slogans de la démocratie d’opinion, à conquérir les marges de manoeuvres politiques qui permettent à notre camp social de reprendre la maîtrise collective de son destin.
Ce qui me gêne n’est pas votre choix de soutenir Ségolène Royal, c’est la manière dont votre courant l’argumente.
Je ne reconnais plus l’esprit, le souffle et l’ardeur d’hier, dans ces consignes verticales qu’on demande à la base de réciter comme les évangiles d’une foi nouvelle.
Là où vous mettiez hier l’intelligence collective au service d’un nouveau projet et d’une nouvelle pratique socialistes, vous la mettez désormais au service, ô comble, d’une candidature providentielle.
Là où hier, on trouvait dans notre intelligence collective, l’écho de la demande sociale, des inquiétudes des plus faibles, ces argumentaires se résument désormais à fabriquer l’Histoire pour démontrer que le choix actuel du chef est cohérent avec ce qu’il a toujours dit, ce qu’il a toujours écrit et surtout avec une histoire collective qui promettait de tourner la page du 21 avril.
S’il faut à vos yeux, que je sois de ces archaïques qu’il faut débusquer et combattre. Et bien soit, je relève le gant.
Mais que dirait le militant 4 ans plus jeune, présent à la Sorbonne lors de la création du NPS, que tu étais ? Que dirait-il de ces procès en chaîne instruits aujourd’hui contre ceux qui veulent prolonger la vocation du NPS.
En vérité, on instruit le procès de notre histoire collective et de notre culture politique commune.
En vérité on condamne le patrimoine politique que nous avions réussi à inscrire au coeur de l’orientation du Parti Socialiste.
Je le regrette mais ne m’y arrête pas. Je reste même convaincu qu’une immense majorité des militants du NPS et de RM se retrouveront au moment de soutenir et d’exiger de la gauche au pouvoir une rupture démocratique et sociale véritable. C’est à ces lendemains que je préfère penser plutôt qu’à ce présent où j’observe le zèle de certains à dilapider le meilleur de notre passé.
Benoît Hamon
Député Européen
Porte Parole du NPS
19:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
