06.11.2006
13h du 4 novembre
Samedi, après être intervenu à l'Ag fédérale du PS de Vendée, j'ai été interviewé en duplex de La Roche-sur-Yon pour le journal de 13h de TF1, où j'ai expliqué les raisons de mon soutien à Laurent Fabius.
20:35 Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, présidentielles2007, fabius, royal, DSK, montebourg
01.10.2006
Pour le rassemblement de la gauche du parti, mon discours à Cuincy
Le 30 septembre dernier, Laurent Fabius est venu à Cuincy, près de Douai, où se tenait l'université de rentrée de Forces militantes pour la démocratie et le socialisme, de Marc Dolez et Gérard Filoche, signataires de notre motion au Congrès du Mans, et qui avaient refusé eux aussi la synthèse. A cette occasion, je lui ai apporté mon parrainage pour sa candidature. Le lendemain, je suis intervenu, à titre personnel, pour appeller au rassemblement de la gauche du parti. Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Mélenchon étaient également présents.
Je tiens tout d’abord à vous dire que je suis heureux d’être ici, avec vous à Cuincy et je remercie Marc et Gérard pour leur chaleureuse invitation.
Au lendemain du 21 avril, nous avons essayé d’analyser les raisons de notre défaite, tentant de comprendre pourquoi la gauche, le peuple de gauche, les salariés, les chômeurs, les ouvriers, pourquoi nos électeurs ne se sont pas retrouvés en nous ?
Regrettant la phrase malheureuse de Lionel Jospin : « mon projet n’est pas socialiste », nous avons tenté d’expliquer dans nos motions respectives pourquoi selon nous, l’abandon de toute ambition politique forte, la rupture avec les classes populaires, l’éparpillement du corps social, la lente agonie des institutions de la Vème, nous avait menés au désastre.
Nous avons essayé de peser de toutes nos forces pour changer la donne en connaissant quelques évolutions positives, en constatant surtout qu’après cinq années de combat, un nouveau 21 avril reste plus que jamais d’actualité.
Le constat n’est pas réjouissant :
La direction du Parti est la même depuis dix ans, les mêmes dirigeants appliquent les mêmes orientations, le parti est divisé, la communication a pris le dessus, le piège de la présidentialisation fait voler en éclat tous les courants.
Pendant ce temps, la droite qui dirige notre pays depuis cinq ans, continue son travail minutieux et méthodique, montant les Français les uns contre les autres, stigmatisant un jour les chômeurs, un autre les immigrés, elle divise, elle enfonce les plus faibles.
Chaque jour, les services publics sont attaqués, nos droits revus à la baisse et si chacun convient qu’il n’y aurait rien de pire que de voir Sarkozy accéder à la présidence de la République, force est de constater que nous n’apportons pas tous la même réponse à une question simplement posée :
« Comment gagner en 2007 ? »
Pour pouvoir y répondre le plus simplement possible, il faut nous poser à nous-mêmes quelques questions de bon sens :
Qui a, parmi nos candidats à la candidature, analysé la défaite du 21 avril et tiré tous les enseignements de cette débâcle électorale ?
Qui peut rassembler les socialistes ?
Qui peut ensuite rassembler la gauche dans son ensemble ?
Dans notre motion de Dijon (C) comme dans celle du Mans (5), nous reprochions au parti dans notre texte introductif son incapacité à analyser la défaite, sa cécité, son autisme parfois teinté de cynisme. J’ai beaucoup lu, cherché à comprendre et j’ai constaté qu’un seul responsable, qu’un seul dirigeant du parti a, à ce jour, tiré un certain nombre de leçons du 21 avril.
Besoin de réaffirmer nos valeurs fondamentales, laïcité, solidarité, justice sociale.
Nécessité de rassembler la gauche.
Bilan critique d’un certain nombre de mesures gouvernementales.
Besoin d’ancrer le PS réellement à gauche en proposant une politique audacieuse.
Parmi les reproches adressés à Laurent FABIUS, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est souvent fait état de son action gouvernementale passée.
Oui, il a une part de responsabilité dans le bilan de notre action gouvernementale. Mais pas plus pas moins que l’ensemble des ministres du gouvernement de Lionel Jospin, équipe dans laquelle on retrouvait également Dominique STRAUSS KHAN, Ségolène ROYAL, Jack LANG.
Le bilan les engage tous, nous engage tous !
Alors arrive la question de la sincérité :
Il ne serait pas sincère ?
On ne peut pas critiquer les camarades, les accuser d’autisme et dans le même temps douter de leur sincérité lorsqu’ils se livrent à la critique de notre action passée.
Deuxième Question :
Qui peut rassembler les socialistes ?
Celui qui d’abord respectera les règles du Parti, son fonctionnement, son calendrier. En respectant ce sur quoi nous sommes tous engagés : le projet.
Nous pouvons nous retrouver sur ce texte à condition de ne pas en sortir, à condition de ne pas avoir comme seule obsession d’aller draguer les voix des indécis, d’aller mordre sur l’électorat de droite.
Il n’y a pas de rassemblement des socialistes possible sur l’encadrement militaire, sur la suppression de la carte scolaire ou sur une quelconque remise en cause des 35 heures.
Rassembler les socialistes, c’est respecter leur soif de débat, c’est répondre aux sollicitations des jeunes socialistes, ne pas refuser les échanges, en laissant croire que tout débat entre nous joue contre nous.
J’ai été surpris, choqué, d’entendre Ségolène ROYAL déclarer quelques heures après que le bureau national a décidé de l’organisation de six débats que « la machine à perdre était en marche ». Si l’on ne peut pas débattre, ou alors à reculons, sur quoi devons-nous nous appuyer pour choisir ? Sur les sondages ?
Est-ce à un échantillon représentatif de 400 personnes de décider du choix de 180 000 militants ?
La force de Ségolène ROYAL aujourd’hui est sa capacité à s’appuyer sur la des-idéologisation de notre société. Sa capacité à répondre sur la base d’enquêtes d’opinions à ce que seraient les attentes des Français. Tant de Français pensent ceci, tant de Français pensent cela, en un mot, cela revient à dire :
« Dites-moi ce que vous voulez, j’en ferai mon programme »
Jamais avec une telle logique, nous n’aurions aboli la peine de mort dans notre pays.
Nous devons au contraire indiquer le chemin, tracer la route, indiquer aux Français ce que nous voulons faire une fois arrivés aux responsabilités.
La troisième et dernière question, c’est la question du rassemblement de la gauche
Respecter nos partenaires, ne pas les considérer comme seule force d’appoint d’entre deux tours serait déjà un bon point de départ.
Une fois passé le premier tour, nous devrons rassembler toute la gauche pour gagner. A moins qu’il n’y ait une autre stratégie ? Que soit fait le choix de l’hypothétique captation des voix centristes?
C’est une obsession chez certains de nos camarades. Sauf qu’à chaque fois, le constat est le même, quand nous faisons des concessions aux idées de droite, en matière économique ou dans le domaine de la sécurité, par exemple, nous ne prenons aucune voix à la droite mais nous en perdons beaucoup dans notre camp.
Laurent Fabius a dit quelque chose de très juste hier « Sarkozy court après le Pen, si nous courons après Sarkozy, nous sommes morts ».
Je suis persuadé de cela. C’est en réaffirmant fortement, fermement nos valeurs, que nous réussirons à rassembler l’ensemble de la gauche au second tour, sans oublier bien sûr que le rassemblement sera certainement plus facile à opérer autour d’un candidat qui, le 29 mai 2005 ne se sera pas trouvé en décalage avec 2/3 de son électorat.
Je termine d’un mot plus personnel. Après avoir jeté l’éponge en décidant de ne pas être candidat à l’investiture, Arnaud Montebourg a choisi de rallier Ségolène Royal, c’est son choix, c’est un choix personnel que je respecte mais qui m’attriste d’autant que je n’en comprends pas les raisons.
Secrétaire général de « Rénover, maintenant » j’ai décidé de faire un autre choix, celui de Laurent Fabius. Je lui ai donné hier, comme membre du conseil national du Parti, ma signature en soutien à sa candidature.
Je ne sais pas ce que deviendra « Rénover, maintenant » dans les jours à venir mais je considère qu’à partir du moment où aucun camarade du courant n’est candidat à la candidature, le libre choix devrait être donné à chacun. Arnaud décidera :
Tous derrière Ségolène Royal et alors les pertes seront lourdes
Ou liberté pour chacun de choisir en conscience, seul moyen de préserver l’unité du courant.
J’espère que la raison l’emportera et qu’il ne laissera pas la question présidentielle faire imploser le courant rénovateur.
Mes amis, mes camarades, je voudrais, en vous quittant, lancer un appel. J’ai vu hier une militante qui portait un badge sur lequel on pouvait lire « rassembler la gauche ». j’aimerais mes camarades, que nous commencions d’abord à rassembler la gauche du Parti et je m’adresse à Marie –Noëlle, à Marc, à Gérard, à Jacques, à Alexis ainsi qu’à Jean-Luc et je leur dis : nos différentes chapelles n’ont plus de sens. Certes, nous avons, de par nos trajectoires politiques, des différences. Mais nous savons bien que nous sommes d’accord sur l’essentiel. A quoi bon peser 45% si nous sommes éparpillés en 10 tendances et courants différents.
Je lance, ici à Cuincy, cet appel au rassemblement de toute la gauche du parti. Mais c’est de votre responsabilité. Nous attendons, nous sommes impatients, unissons nos forces, nous sommes observés à l’extérieur par de nombreux militants et sympathisants qui se désespèrent de leur parti socialiste.
Rassemblés, nous irons à la victoire en faisant désigner Laurent Fabius comme candidat des socialistes puis en gagnant ensuite les présidentielles pour faire gagner la gauche et faire triompher nos valeurs.
J’ai confiance mes camarades.
Merci.
10:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Montebourg, Fabius, Royal, DSK, Strauss Kahn, Dolez, Rénover maintenant
