07.05.2007

« Pour une gauche décomplexée »

Interview de Michaël MOGLIA

Membre du Conseil national

Co-animateur du CSPRG

 
 

Que t’inspirent les résultats du second tour ?


Beaucoup de tristesse et d’amertume, de tristesse d’abord en pensant à celles et ceux qui souffrent depuis tant d’années de la politique menée par la droite et qui vont être les premières victimes de celle que mènera Nicolas Sarkozy.

Amertume ensuite parce que cette élection, nous ne pouvions pas la perdre. Jamais, nous n’avons eu une droite aussi dure et réactionnaire. Le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin est catastrophique à tout point de vue.  

Pourquoi alors la gauche a t-elle perdu ces élections ?

Notre candidate nous a demandé toute liberté d’action, ce qu’elle a eu. Elle a choisi, très souvent de manière déconcertante d’ailleurs, la stratégie à suivre, stratégie qui nous a mené à la défaite que nous connaissons.

Il lui revient de faire l’analyse et de tenter d’expliquer pourquoi l’échec est aussi cuisant. Pour pouvoir mener ce travail d’analyse, il faudrait d’abord qu’elle réalise que nous avons perdu. Au vu des images télévisées qui ont suivi l’annonce des résultats, je ne suis pas certain qu’elle en ait pris conscience.
 
Beaucoup ont été surpris, justement, par son attitude hier soir, comment l’interprètes-tu ?

Je ne sais pas si cette attitude correspond à cette nouvelle façon de faire de la politique qu’elle a tant défendue mais j’ai trouvé cela, pour ma part, décalé. La défaite est lourde, sévère, cruelle pour les plus faibles. Il n’y avait donc aucune raison de sourire en tenant des propos qui, il faut bien le dire, n’étaient pas à la hauteur de l’événement. Si l’on pense réellement ce qu’elle a répété ces derniers jours que « Sarkozy est une menace pour la République » alors, la situation exigeait un peu plus de gravité.

En ce qui te concerne, quelles sont, pour toi, les raisons de la défaite ?

Les raisons sont nombreuses, celles qui touchent d’abord à la stratégie. Incapacité à rassembler son parti, incapacité à rassembler les électeurs de la gauche en pratiquant « la danse du centre », incapacité encore à créer une dynamique d’entre deux tours.
Les raisons de fonds ensuite. Sous couvert de modernité, Ségolène Royal, a défendu des thèmes inhabituellement défendus avec tant d’ardeur à gauche (l’encadrement militaire, la réhabilitation de la valeur travail, l’ordre juste, la stratégie du gagnant –gagnant, l’immigration au cas par cas..). Ségolène Royal a, à sa manière, participé à la droitisation de cette campagne comme Lionel Jospin, sur les questions de sécurité, l’avait fait en 2002. Et comme d’habitude, à force de vouloir séduire sur sa droite, on perd sa gauche sans pour autant gagner une seule voix de l’autre côté.

Comment envisages-tu l’avenir du parti socialiste ?

Il faut d’abord et de toute urgence que le Premier secrétaire retrouve toute son autorité. Notre parti a, à travers lui, été trop souvent méprisé durant cette campagne.

Au nom de la liberté de la candidate, le parti a laissé dénaturer son projet ; de la généralisation des 35 heures, nous sommes passés à une vague discussion avec les partenaires sociaux, de l’abrogation des Lois Fillon à une simple remise à plat, d’autres réponses ou propositions comme celles relatives à notre politique énergétique, à l’immigration ou encore à l’Europe, ont été soit vidées de leur sens, soit édulcorées.

Sur la question des alliances, le parti a, là aussi, été méprisé et placé devant le fait accompli puisqu’elle décidât, seule, l’entrée possible de ministres UDF dans un futur gouvernement allant jusqu’à envisager publiquement de nommer François Bayrou, Premier ministre.

Alors selon toi, il suffirait de redonner toute son autorité au premier secrétaire ?

C’est un préalable. A quoi sert le parti socialiste, à quoi sert le collectif si chacun est libre, sitôt désigné, de faire ce que bon lui semble ?

Si l’attitude d’Eric Besson, les attaques de Claude Allègre ou les déclarations concernant l’alliance avec le centre de Bernard Kouchner ou Michel Rocard trois jours avant le premier tour, témoignent bien du peu d’intérêt qu’ils portent au collectif, cela montre aussi que notre parti aujourd’hui, dans son fonctionnement, rencontre de graves problèmes qu’il aura à régler rapidement.
 

Quelles sont pour toi désormais les trois priorités ?

L’actualité maintenant, c’est de gagner les élections législatives. Pour cela, il ne faut pas reproduire localement les erreurs de la campagne présidentielle. Il faut se présenter aux électeurs en tenant un discours clairement de gauche. C’est la seule stratégie gagnante. L’attitude de celles et ceux qui ont déjà acté la défaite est indécente. Il faut qu’il y ait un véritable contre-pouvoir, cela passe par l’élection d’un maximum de députés. Il faut ensuite faire le bilan de la campagne sans tabou, sans langue de bois, en évitant qu’une nouvelle chape de plomb s’abatte sur le parti.

Le bilan du 21 avril 2002 n’a pas été permis, pas plus que celui de la victoire du Non qui a vu, le 29 mai 2005, le PS en décalage avec les deux tiers de son électorat. Aurons-nous, cette fois-ci, le courage de mener l’analyse à son terme ? Ce travail sera d’autant plus difficile que les rénovateurs d’hier, ceux qui depuis le congrès de Dijon incarnaient un espoir de changement au sein du PS, ont pour la plupart abandonné le combat, menant une campagne jusque-boutiste bien souvent en décalage avec ce qu’ils défendaient il y a encore quelques mois.

Il faut enfin rassembler au plus vite toute la gauche sur des bases clairement redéfinies. Cela passe par la création d’un parti de gauche, redonnant espoir à notre électorat, un parti décomplexé qui n’ait d’autre but que de changer la vie.

 


Retrouvez l’interview sur le site du Collectif des socialistes pour le rassemblement de la gauche : http://csprg.hautetfort.com/

25.02.2007

ommuniqué de presse de Marie-Noëlle Lienemann, André Laignel, Emmanuel Maurel et Michaël Moglia

Marie-Noëlle Lienemann, André Laignel, Michaël Moglia et Emmanuel Maurel, élus et responsables socialistes , ont signé la pétition lancée par le mensuel Alternatives économiques intitulée "Pourquoi nous consentons à l'impôt". 

Ils estiment indispensable une large mobilisation des citoyens en faveur d'une politique fiscale et budgétaire ambitieuse afin d'assurer une protection sociale, un fonctionnement de l'Etat et des collectivités locales et services publics de qualité pour tous et de garantir une juste redistribution des richesses. 

Ils s'indignent de la proposition des candidats de droite d'alléger les impôts sur l'héritage. Il s'agit bien là d'un choix de société: la solidarité plutôt que le chacun pour soi, valoriser ceux qui travaillent et créent plutôt que les rentiers. 

La solidarité passe, certes, par un niveau élevé des dépenses publiques. Mais ces dépenses ne sont pas un coût, elles sont un investissement, gage de justice sociale et de dynamisme économique.

28.11.2006

Démission de Rénover, maintenant

Suite à plusieurs désaccords de fond, lors de la campagne interne, avec Arnaud Montebourg quant au choix du soutien apporté à la candidature de Ségolène Royal et en raison de problèmes de forme que je désapprouve, j’ai décidé de quitter le poste de secrétaire général que j’occupais au sein de « Rénover, maintenant », depuis sa création. 

A l’occasion du Conseil d’administration réuni le 25 novembre à Paris, j’ai également annoncé ma décision de quitter ce courant. 

Depuis qu’Arnaud Montebourg a décidé au mois de juillet de soutenir la candidature à la candidature de Ségolène Royal, il n’a eu de cesse que de vouloir imposer cette décision personnelle à l’ensemble des militants et sympathisants de « Rénover, maintenant. » 

Souhaitant obtenir une adhésion unanime de RM, tous les moyens furent utilisés. 

Au fil des jours puis des semaines, chacun a bien compris que, dans les conditions de son ralliement, figurait le don du courant à la candidate. 

A grand renfort de communication, le mouvement de nombreux responsables nationaux, animateurs régionaux, départementaux et militants ayant fait un autre choix a été sciemment et méthodiquement nié. 

Notre démarche militante aurait pu se poursuivre en commun si le libre choix avait été accepté lors de nos journées d’été, fin août à Fouras, ou si la possibilité avait été donnée à chaque militant, par l’organisation d’un vote clair, de décider de suivre ou non la démarche personnelle engagée par Arnaud Montebourg. 

En démissionnant, je manifeste ainsi ma déception de voir « Rénover, maintenant » s’éloigner des pratiques rénovatrices dont nous nous réclamions. 

Pourtant, la nécessité de renforcer notre ancrage clairement à gauche et de rénover les pratiques militantes reste plus que jamais d’actualité à quelques mois de l’élection présidentielle.  

Passée la déception, c’est une nouvelle aventure rénovatrice qui démarre. 

06.11.2006

13h du 4 novembre

Samedi, après être intervenu à l'Ag fédérale du PS de Vendée, j'ai été interviewé en duplex de La Roche-sur-Yon pour le journal de 13h de TF1, où j'ai expliqué les raisons de mon soutien à Laurent Fabius.


26.10.2006

Tribune dans Libération

Voici la tribune que j'ai publiée dans Libération aujourd'hui avec Julien COLLETTE, le secrétaire général de la Convention pour la VIe République.

La réponse à la crise actuelle consiste à replacer de la responsabilité politique, là où il en manque : dans nos institutions politiques.

L'avenir passe

par une VIe République

Par Julien COLLETTE, secrétaire général de la Convention pour la VIe République et Michaël MOGLIA, secrétaire général de Rénover maintenant.
  
En visant l'instauration d'un mécanisme de «surveillance populaire» des élus par la mise en place de «jurys de citoyens», dont on ne sait d'ailleurs pas, même approximativement, quel serait le champ de responsabilité et à quel(s) niveau(x) de représentation politique ils officieraient, Ségolène Royal fait une profonde erreur de diagnostic.
En pensant que, pour permettre aux responsables politiques de retrouver auprès des citoyens leur crédibilité, il faut multiplier les procédures de contrôle, la candidate à l'investiture propose en fait de brouiller encore un peu plus le fonctionnement de nos institutions et d'alimenter la confusion des pouvoirs et le mélange des responsabilités. Car la démocratie française ne souffre pas aujourd'hui d'un manque d'instances ­ de la commune à l'Union européenne, cinq niveaux de collectivités se partagent l'exercice des politiques publiques, en en délégant, en plus, une bonne partie à des organismes à vocation territoriale ou fonctionnelle, allant des communautés de communes aux «pays» et syndicats en tout genre. Mais la démocratie française souffre avant toute chose de ce «trop-plein» institutionnel qui, en plus de nourrir des coûts de fonctionnement non négligeables, provoque un invraisemblable écheveau de compétences, meilleur terreau de l'irresponsabilité qui prospère encore plus dès lors que, pour pallier les déficiences d'un statut de l'élu en pointillé, les responsables politiques locaux et nationaux cumulent mandats et fonctions.
Dès lors, on voit mal ce qu'apporteraient des «jurys populaires» à l'édifice, sinon y installer encore plus de confusion : deux légitimités se heurteraient nécessairement, celle d'un «peuple» s'exprimant par la voix de quelques citoyens tirés au sort, avec tous les aléas que cela implique en termes de représentativité, et celle de parlementaires ou de maires, de présidents de département ou de région élus au suffrage universel. Le «choc des légitimités» qui en résulterait immanquablement ne ferait que provoquer la paralysie de l'action collective alors qu'il s'agit plus que jamais, aujourd'hui, de réarmer le politique. Ce «choc des légitimités» finirait, surtout, par remettre en cause l'utilité même du suffrage universel. Pourquoi voter, puisque l'on pourrait, à intervalles réguliers et au gré du hasard du tirage au sort, juger sur pièces, et sur place, son député ou son maire ? Pourquoi voter puisqu'il deviendrait si simple de soumettre à la question ses puissants, proches ou lointains ? Pourquoi voter puisque l'on pourrait facilement imaginer créer de tels «jurys» sur le Web ou par téléphone, sans avoir même à se déplacer ?
Finalement, on voudrait transformer les femmes et hommes aspirant à des fonctions politiques en simples démagogues, on voudrait les déresponsabiliser complètement que l'on ne s'y prendrait pas mieux...
A l'inverse, la réponse à la crise politique que traverse notre pays consiste à replacer de la responsabilité politique là où il n'y en a plus, ou plus beaucoup, c'est-à-dire dans l'ensemble de nos institutions politiques.
Et la réponse à cette crise politique, c'est l'instauration d'une VIe République parlementaire permettant la délibération et l'action.
Alors, l'utilité d'instituer des «jurys populaires» disparaîtra d'elle-même, et avec elle la tentation de préférer la sanction à l'élection pour réguler l'exercice du pouvoir dans notre société démocratique.
Convaincus de la nécessité d'une rénovation profonde de nos institutions qui permette de réconcilier les Français avec leur démocratie, nous appelons aujourd'hui de nos voeux que le candidat socialiste à l'élection présidentielle porte un projet institutionnel, fondé sur la responsabilité, et revalorisant la délibération. A nos yeux, Laurent Fabius est le seul à se prononcer clairement pour l'instauration d'une nouvelle République parlementaire et, par là même, seul à répondre au malaise démocratique qui nous a conduits au 21 avril.

11.10.2006

Mon intervention au meeting de L. Fabius à Pantin

Dimanche dernier, je suis intervenu au meeting de soutien à Laurent Fabius à Pantin (Seine Saint-Denis). Bien sur j'ai prononcé ce discours à titre personnel, dans le respect des décisions prises par RM Nord et RM national.

Pour télécharger ce discours, cliquez ici.

04.10.2006

Lettre aux militants de Rénover, maintenant

Michaël Moglia
Secrétaire général de Rénover, maintenant
Membre du conseil national
m.moglia@cr-npdc.fr

Le 3 octobre 2006

Mes cher(e)s camarades,

  Un peu plus d’un mois après notre assemblée d’été de Fouras et quelques jours avant la tenue de notre conseil d’administration qui se réunira le 6 octobre prochain à Paris, j’ai souhaité, par le biais de cette lettre, vous faire part de mes sentiments sur l’évolution de la situation interne de notre courant.

  La motion adoptée à la quasi-unanimité du conseil d’administration était claire, « après le dépôt des candidatures, la proposition d’orientation (concernant la démarche engagée par Arnaud Montebourg à Frangy en direction de la candidature de Ségolène Royal) sera présentée et soumise au vote des assemblées générales départementales qui se prononceront avant le vote des militants du Parti socialiste ».

  Compromis acceptable par le plus grand nombre, cette motion prévoyait donc un avenir commun à la simple condition qu’elle soit respectée de tous. Elle imposait aux uns et aux autres de renoncer à tout ralliement, à tout soutien en faveur d’un des candidats tant que les militants ne s’étaient pas tous prononcés.
Respectant à la lettre notre engagement, je n’ai plus, depuis, pris de position publique, diffusé de lettre ou d’appel, participé à des échanges sur les blogs, ni apporté mon soutien à aucun autre candidat.

  Force est de constater, comme nous étions nombreux à le pressentir, que cette ligne de conduite n’a pas été respectée par tous, que ce texte fût librement interprété.

  Quand je déclarais, dans l’édition de L’Humanité du 25 août 2006, soit le lendemain même du vote du conseil d’administration que « c’est aux adhérents de trancher une fois que tous les prétendants seront officiellement déclarés », Thierry, en sa qualité de porte-parole du courant, affirmait, quant à lui, « la direction de RM a confirmé le choix d’Arnaud Montebourg ».

  Ce même matin, dans son discours de clôture, j’entendis Arnaud déclarer « nous serons des alliés sûrs mais exigeants ». Nous étions donc devenus, le temps d’une courte nuit, des alliés de Ségolène Royal.

  J’ai été surpris, comme bon nombre d’entre vous, de découvrir sur notre site internet national, le 30 août, sous la forme d’un publi-reportage, les réponses apportées à quelques questions par Thierry, toujours en sa qualité de porte-parole, dans un article intitulé « Thierry Mandon livre un premier bilan de Fouras 2006 ». On y lit « notre courant ressort de Fouras soudé autour d’une orientation. A nous de bâtir un partenariat fort avec Ségolène Royal pour que nos idées y trouvent leur chemin » ou encore « en proposant de poursuivre avec Ségolène Royal la construction d’une nouvelle donne politique (..) ».
  A la relecture de la motion de Fouras, je ne retrouve aucune des affirmations de Thierry.

  Si, la démarche d’Arnaud ne devenait celle du courant qu’après le vote des militants lors d’assemblées générales départementales, pourquoi 9 camarades, membres de la direction nationale, siègent-ils au conseil d’animation politique de Ségolène Royal, depuis plusieurs semaines déjà ? Pourquoi retrouve t-on sur quelques blogs de camarades de Rénover, maintenant des pétitions et autres appels pour soutenir la candidature de leur favorite ?
Pourquoi une de nos vice-présidentes est-elle l’animatrice d’un comité local de désirs d’avenir de son département ?

  Lorsque je suis intervenu en tribune lors de notre assemblée générale, j’ai émis le souhait que ce soit les 750 militants présents qui tranchent notre débat. J’ai, à cette occasion, rappelé nos statuts qui sont, sur ce point, très clairs. Ainsi l’article 6.2 précise que : « l’assemblée générale délibère de l’orientation politique de l’association. Le bureau peut soumettre à l’approbation de l’assemblée des résolutions sur cette matière ».

  Ségolène Royal ne rassemblant pas naturellement l’ensemble des camarades de RM, pas plus qu’un autre candidat d’ailleurs, fallait-il prendre le risque d’organiser des divisions dans chacune de nos fédérations ?

  Pourtant, la décision fût prise de faire voter en assemblées générales. Et malgré les risques d’une telle consultation, un fois cette décision prise, il fallait aller jusqu’au bout de la démarche.

  Cela parait aujourd’hui impossible. Notamment parce qu’à partir du moment où quelques-uns de nos principaux dirigeants ont déjà fait leur choix en le rendant public. A partir du moment où ils sont déjà en campagne, occupant des responsabilités auprès d’une candidate, ils ont pris un engagement irréversible. Dès lors qu’aucune décision de courant ne leur permettra de revenir en arrière, le vote aujourd’hui a t-il encore un intérêt dans ces conditions ?

  Compte tenu de ces éléments, ce vote nécessaire, légitime et souverain des adhérents s’est transformé, il y a peu, en simple consultation des assemblées départementales, charge à chaque président d’association, lors du CA, d’en exprimer la « position majoritaire ». (cf. circulaire n°9)

  En abandonnant la règle démocratique élémentaire qui veut qu’un homme égale une voix en la remplaçant par une position majoritaire générale, on ne saura jamais ce que la majorité des militants du courant comptait faire. Quel aurait été le résultat après comptabilisation centralisée nationalement de chaque suffrage ?

  Si nos 72 présidents d’association disposeront chacun d’une voix lors de notre CA, il en sera de même pour les 70  membres de droit.
  Au nom de qui s’exprimeront-ils ? qui représenteront-ils sinon eux mêmes ?

  La composition même du conseil d’administration laisse penser que c’est à un plébiscite que l’on va assister.

  J’ai, durant l’été, défendu l’idée qu’à partir du moment où Arnaud n’était plus candidat, et qu’aucun autre camarade issu de Rénover, maintenant ne l’était, il n’y avait aucune raison de nous ranger tous ensemble derrière une candidature, quelle qu’elle soit.

  Ma proposition me semble aujourd’hui plus que jamais d’actualité.
Elle consistait à « laisser les militants choisir individuellement le ou la mieux à même de défendre les couleurs du PS lors des futures élections présidentielles. Cette option m’apparaît comme la plus acceptable par tous, celle qui préserve le plus notre avenir commun au sein de RM. Le calendrier est très serré, quelques semaines seulement nous séparent de la désignation du ou de la candidat(e) derrière lequel ou laquelle nous nous retrouverons tous pour mener bataille.
Il me semble possible, durant cette période, de tenir le courant à l’écart de cette mascarade orchestrée par notre Premier secrétaire, qui, si nous n’étions pas vigilants, réussirait une nouvelle fois à diviser les minoritaires.
» (lettre du 18/08/06)

  Je suis aujourd’hui persuadé d’une chose. Si le CA du 6 octobre n’a d’autre but que d’imposer par un vote, pas forcément représentatif de celui qu’auraient exprimé les militants, le choix d’une candidature non issue de notre courant, il signerait l’acte de décès de Rénover, maintenant. Nous serions donc tombés dans le piège de la présidentialisation que nous dénonçons par ailleurs et nous aurions remis en cause l’existence même de notre courant pour un choix ponctuel.

  Lorsque j’ai fait la proposition du libre choix qui n’a pas été suivie à Fouras, deux arguments m’ont été opposés pour la rejeter : un courant ne peut pas ne pas prendre de position, de plus, l’engagement des responsables sur des options différentes nous affaiblirait.

  Certes, mais de toute façon, nous n’aurons pas de position commune. Si nous voulons préserver le courant, préserver son unité, au delà d’un désaccord sur une question de personne, il faut accepter que chacun puisse soutenir le candidat de son choix à titre personnel. De plus, la pluralité des positions, exprimées individuellement, affaiblirait moins le courant que son implosion.

  Chacun sait bien que partout, dans chaque département, les choix sont partagés. Que Ségolène Royal ne s’impose pas naturellement.

  Notamment parce qu’au delà du choix d’une personne, il y a des différences de taille entre les candidats. Les modèles de société, les options politiques, les visions du parti proposés sont nettement différents.
Rarement, ces questions sont abordées. Par contre, combien de fois ai-je entendu que « c’est Ségolène Royal qu’il faut choisir car, au vu des sondages, elle est la seule à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ».

  Les militants du parti socialiste, encore sonnés par le 21 avril 2002, soumis à la pression incessante des médias, s’apprêteraient, pour éviter de revivre un nouveau cauchemar, à choisir en fonction des seuls sondages.
« Il faut soutenir celui ou celle qui est le (ou la) mieux placé(e) dans les sondages ». (F.Hollande, AFP 26/09/2006)

  Les débats de conviction, les prises de position, y compris les plus dérangeantes, apparaissent marginales. Seule la « popularité » compte, et tant pis si le réveil risque d’être difficile. C’est pourtant pendant la campagne électorale, durant les débats et grâce à la défense de propositions réellement de gauche que se situent les éléments de la victoire. Ce que l’on essaie de nous faire croire, c’est qu’à neuf mois des échéances, les jeux seraient faits. Ayons une pensée pour nos nombreux camarades, qui neuf mois avant les élections présidentielles se drapaient des habits de Président de la République. En 1980, Michel Rocard est désigné candidat des sondages, sa « popularité » est très élevée. Il incarne le renouveau, la modernité. François Mitterrand serait battu, laminé par Valéry Giscard d’Estaing qui l’emportera, c’est certain. Le futur Président de la République est crédité d’un retard tel que sa candidature est impensable. Les sondages d’alors ne le donnent qu’à 43% au second tour, soit 14 points d’écart avec le Président sortant. François Mitterrand sera élu en 1981 et brillamment réélu en 1988.
  En 1994, le candidat des médias est Edouard Balladur, Premier ministre sortant. Il est à 31% dans les sondages, le double de son opposant et futur Président, Jacques Chirac. Chacun connaît le résultat. Plus récemment encore, c’est Lionel Jospin, fier de son bilan, qui est à l’automne 2001, le chouchou des sondages. Pour tous les socialistes, Lionel Jospin, succèdera à Jacques Chirac. Du haut de ses 25% d’intentions de vote, Lionel adapte sa stratégie en fonction des sondages, pensant que le second tour ne sera qu’une promenade de santé. Le résultat est net et sans appel : 16.1%, le PS est derrière le Front national.

  Qui peut donc encore sérieusement croire les sondages, et quand bien même, est-ce à un panel de 400 personnes de décider pour les 180 000 adhérents du Parti socialiste ?
Pointés du doigt par la commission nationale des sondages, elle a adressé plusieurs précisions publiées dans l’édition du 26 septembre de Libération dont une d’importance « eu égard à la taille fort réduite du sous-échantillon de sympathisants socialistes (200), les résultats obtenus doivent être interprétés en tenant compte de la marge d'erreur importante qui les affecte ».

  Si nous leur accordons tant d’importance, autant fermer le Parti et en laisser les clefs aux sondeurs d’opinion, qui par la même occasion recueilleraient les doléances des français pour en faire un programme politique.

  Si nous sommes d’accord pour remettre à leur juste place les enquêtes d’opinion et autres sondages, alors, abordons les questions de fond.

  J’ai annoncé, à la veille de Fouras, par honnêteté vis à vis de l’ensemble des camarades du courant, que je ne soutiendrai pas la candidature de Ségolène Royal.
Ne me reconnaissant absolument pas dans l’idée qu’elle se fait du fonctionnement de notre parti, j’avais, par ailleurs, été choqué d’un certain nombre de propositions formulées qui ne figurent nullement dans notre projet et de quelques déclarations à l’emporte-pièce. Que ce soit sur l’économie et l’emploi : « reconstruire la valeur travail », « personne ne devrait être payé à ne rien faire », sur la sécurité, contraignant les parents à « faire des stages dans l’école des parents au premier acte d’incivilité de leur enfant en primaire » ; en passant par les « perturbateurs » qui seraient placés « d’office dans des internats relais », elle propose également le placement « dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier » et ce « pour les jeunes de plus de 16 ans dès le premier acte de délinquance ».

  Sa proposition concernant la création de « deuxièmes postes d’enseignant » dans les classes difficiles est louable à ceci près qu’ils auraient pour mission de veiller aux problèmes « d’indiscipline ». Si nous avons toujours souhaité la création de ce deuxième poste, il s’agissait pour nous d’assister davantage les élèves en difficulté notamment par un soutien scolaire et l’aide aux devoirs.

  C’est certainement ses propositions en matière d’immigration qui sont les plus choquantes, voulant mettre en regard « les autorisations de séjour et les besoins des entreprises, mission qui incomberait aux préfets ». Souhaitant la création d’un « visa saisonnier régulier » pour les travailleurs saisonniers, sur le modèle du système créé par la loi Sarkozy II.

  Si elle propose d’« accroître l’aide au développement des pays pauvres en leur apprenant notamment à utiliser l’énergie solaire », elle propose surtout de « reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux » ( ! ! !)

  J’ai su, très vite, au regard de ce que sont mes convictions, que je ne pourrai défendre sa candidature à la candidature.
  Ses déclarations depuis, notamment sur la carte scolaire et ses réticences à avancer sur les questions de société (mariage homosexuel et dépénalisation des drogues douces) me confortent dans cette décision.


  Refusant de soutenir Ségolène Royal, je ne m’étais pas pour autant engagé derrière une quelconque candidature, étant d’ailleurs le dernier responsable national à ne pas l’avoir fait.

  Puisque la motion de Fouras n’a pas été respectée et donc n’a plus de valeur, que de fait, les votes dans les AG apparaissent obsolètes, que les principaux animateurs de notre courant se sont engagés, soit sur leur blog soit par des déclarations publiques, soit en participant à des réunions de désirs d’avenir, j’ai décidé, ce mardi 3 octobre, date limite de dépôts des candiatures, une fois connu l’ensemble des candidatures, de prendre position.

  J’ai concrétisé, ce mardi, mon soutien en apportant, comme membre du conseil national, ma signature à Laurent Fabius.

  Ce choix a été guidé d’abord et avant tout, par des raisons de fond puisque bien entendu, c’est sur ce critère que chacun se détermine.

  Sans aucune stratégie de contournement du parti, ses propositions, qui ne sont jamais en contradiction avec celles du projet, seul texte qui nous engage tous, me semblent l’enrichir et l’ancrer davantage à gauche :
- Augmentation immédiate du SMIC de 100 euros.
- Régimes sociaux et fiscaux réservés aux stock-options supprimés.
- Dans les communes ne respectant pas le minimum prévu de 20% de logements sociaux, l’Etat – autrement dit, le Préfet- se substituera d’office aux maires défaillants pour la réalisation de ces logements.
- Une loi programme fixera sur 5 ans les objectifs à atteindre concernant notamment les économies d’énergie, les énergies renouvelables, la préservation de l’eau et le développement des transports collectifs.
- EDF retrouvera un statut 100% public.
- L’expérimentation des OGM de plein champ sera interdite.
- Le numéro 2 du Gouvernement sera chargé en tant que ministre d’Etat ou vice-premier ministre du développement durable.
- Les jeunes qui le souhaitent pourront bénéficier d’un encadrement péri-scolaire public après la classe.
- Priorité accordée à la recherche.
- Révision de la constitution soumise à référendum dès septembre 2007.
- Une charte sur la laïcité sera adossée à la constitution.

  Je m’étonne que les camarades qui ont fait le choix de Ségolène Royal fassent si peu de cas de la question européenne : les enseignements à tirer du 29 mai ne sont plus jamais évoqués alors que la quasi-totalité de nos militants a voté non, que beaucoup ont fait campagne. Nous n’aurions pas d’autre solution aujourd’hui que de soutenir une candidate qui a activement défendu le oui en manifestant durant la campagne son mépris des partisans du non. Certes, il faut tourner la page du oui et du non mais pourquoi ce rassemblement se ferait-il toujours au détriment du non choisi par 55% des français ?
Le rassemblement à gauche ne sera t-il pas plus facile à opérer autour d’un candidat qui ne se sera pas trouvé en décalage avec deux tiers de son électorat ?

  Alors certes à la différence de Ségolène Royal, c’est un homme, certes il a 7 ans de plus…certes, il a le défaut d’avoir plusieurs expériences ministérielles, il aurait même été Premier ministre… Mais au vu des déclarations et des propositions de l’un et de l’autre, qui se rapproche le plus de nos textes?

  Dans chacune de nos motions, dans celle de Dijon comme dans celle du Mans, nous reprochions au parti son incapacité à analyser la défaite, la cécité de Lionel Jospin, l’autisme parfois teinté de cynisme de la plupart de nos anciens ministres. Alors que ce dernier a, à peine entamé, cet été à la Rochelle, un début d’aggiornamiento, je constate que seul Laurent Fabius a, à ce jour, dressé un bilan complet de nos échecs comme de nos réussites au Gouvernement.
Il a opéré une réorientation politique et l’a réaffirmé ce samedi 30 septembre à Cuincy dans le Nord : « si j’ai changé ? oui, je l’assume complètement, les choses ont changé, d’abord parce qu’on a gouverné et que j’ai gouverné ». « Les valeurs du socialisme n’ont pas varié d’un iota (…) mais sur les propositions concrètes, il est vrai que les choses ont changé pour moi ».

  On me rétorquera, à bout d’argument, qu’il n’est pas sincère. J’avoue ne pas comprendre ceux qui, parmi mes camarades, réclament à corps et à cris, un « droit d’inventaire » tout en jugeant insincère le seul qui s’est livré à l’exercice.

  C’est également sur la base de cette analyse, qu’il déclara, le même jour, « tout cela fait qu’honnêtement, je dis aujourd’hui que si le pays doit être redressé, ce doit être par la gauche, que si la gauche veut gagner, ce ne peut être que sur des positions clairement de gauche ». 

  Il y a bien là deux stratégies, l’une consistant à formuler des propositions sur la base des « témoignages de citoyens, meilleurs experts de ce qu’ils vivent » quitte à renier certaines de nos valeurs et l’autre qui consiste, sans remettre en cause ce que nous sommes, à indiquer le chemin, proposer un modèle de société.

La deuxième stratégie nous a permis en 1981, par exemple, d’abolir la peine de mort, ce que les citoyens experts refuseraient certainement aujourd’hui. Bien sûr, les citoyens ont leur mot à dire sur ce qui les concerne directement. Pourtant, chacun dans sa singularité, son expérience, son égoïsme aussi parfois, ne peut prétendre incarner l’intérêt général. Pourquoi alors élire des hommes politiques s’il ne s’agit que de valider ce que pense la majorité ?

  Beaucoup ont décidé de soutenir Ségolène Royal, d’autres, tout aussi nombreux ont fait le choix de Laurent Fabius, certains même celui de Dominique Strauss Kahn. Ces deux derniers choix ne signifient pas, pour ceux qui les ont fait, une quelconque trahison ou autre infidélité à Arnaud. Faut-il ici se justifier de notre degré de fidélité ? Aurais-je encore des preuves à fournir ?

  Au vu de ce qu’il est, de ce qu’il a fait et de ce que nous avons traversé, au nom aussi de l’amitié que nous lui portons, nous sommes tous convaincus que c’est autour d’Arnaud, au sein de Rénover, maintenant, qu’il nous faut continuer à militer.

  Arnaud a une grande responsabilité. A lui seul revient de décider de l’avenir de notre courant. Vendredi, il n’y aura que deux options. Soit, RM est officiellement étiqueté Ségolène Royal, tolérant juste à ceux qui feraient un autre choix, la possibilité de le concrétiser dans le secret de l’isoloir, soit il acte que RM, n’ayant pas de candidat issu de ses rangs, ne prend pas de position, en tant que courant, et laisse le libre choix, le temps de quelques semaines, à ses militants.

  Chacun ayant bien compris que s’il choisissait la première option, il conduirait vers la sortie bon nombre de militants, d’animateurs nationaux et départementaux. Quelques camarades, tentés par les soustractions, balaient d’un revers de la main cette hypothèse, refusant de voir la situation dans laquelle se trouve notre courant.

  En ce qui me concerne, j’ai confiance en la capacité d’Arnaud d’additionner les forces.

  Michael Moglia


01.10.2006

Pour le rassemblement de la gauche du parti, mon discours à Cuincy

medium_tribune-fabius.jpgLe 30 septembre dernier, Laurent Fabius est venu à Cuincy, près de Douai, où se tenait l'université de rentrée de Forces militantes pour la démocratie et le socialisme, de Marc Dolez et Gérard Filoche, signataires de notre motion au Congrès du Mans, et qui avaient refusé eux aussi la synthèse. A cette occasion, je lui ai apporté mon parrainage pour sa candidature. Le lendemain, je suis intervenu, à titre personnel, pour appeller au rassemblement de la gauche du parti. Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Mélenchon étaient également présents.

Je tiens tout d’abord à vous dire que je suis heureux d’être ici, avec vous à Cuincy et je remercie Marc et Gérard pour leur chaleureuse invitation.

Au lendemain du 21 avril, nous avons essayé d’analyser les raisons de notre défaite, tentant de comprendre pourquoi la gauche, le peuple de gauche, les salariés, les chômeurs, les ouvriers, pourquoi nos électeurs ne se sont pas retrouvés en nous ?

Regrettant la phrase malheureuse de Lionel Jospin : « mon projet n’est pas socialiste », nous avons tenté d’expliquer dans nos motions respectives pourquoi selon nous, l’abandon de toute ambition politique forte, la rupture avec les classes populaires, l’éparpillement du corps social, la lente agonie des institutions de la Vème, nous avait menés au désastre.

Nous avons essayé de peser de toutes nos forces pour changer la donne en connaissant quelques évolutions positives, en constatant surtout qu’après cinq années de combat, un nouveau 21 avril reste plus que jamais d’actualité.

Le constat n’est pas réjouissant :

La direction du Parti est la même depuis dix ans, les mêmes dirigeants appliquent les mêmes orientations, le parti est divisé, la communication a pris le dessus, le piège de la présidentialisation fait voler en éclat tous les courants.

Pendant ce temps, la droite qui dirige notre pays depuis cinq ans, continue son travail minutieux et méthodique, montant les Français les uns contre les autres, stigmatisant un jour les chômeurs, un autre les immigrés, elle divise, elle enfonce les plus faibles.

Chaque jour, les services publics sont attaqués, nos droits revus à la baisse et si chacun convient qu’il n’y aurait rien de pire que de voir Sarkozy accéder à la présidence de la République, force est de constater que nous n’apportons pas tous la même réponse à une question simplement posée :

« Comment gagner en 2007 ? »

Pour pouvoir y répondre le plus simplement possible, il faut nous poser à nous-mêmes quelques questions de bon sens :

Qui a, parmi nos candidats à la candidature, analysé la défaite du 21 avril et tiré tous les enseignements de cette débâcle électorale ?

Qui peut rassembler les socialistes ?

Qui peut ensuite rassembler la gauche dans son ensemble ?

Dans notre motion de Dijon (C) comme dans celle du Mans (5), nous reprochions au parti dans notre texte introductif son incapacité à analyser la défaite, sa cécité, son autisme parfois teinté de cynisme. J’ai beaucoup lu, cherché à comprendre et j’ai constaté qu’un seul responsable, qu’un seul dirigeant du parti a, à ce jour, tiré un certain nombre de leçons du 21 avril.

Besoin de réaffirmer nos valeurs fondamentales, laïcité, solidarité, justice sociale.

Nécessité de rassembler la gauche.

Bilan critique d’un certain nombre de mesures gouvernementales.

Besoin d’ancrer le PS réellement à gauche en proposant une politique audacieuse.


Parmi les reproches adressés à Laurent FABIUS, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est souvent fait état de son action gouvernementale passée.

Oui, il a une part de responsabilité dans le bilan de notre action gouvernementale. Mais pas plus pas moins que l’ensemble des ministres du gouvernement de Lionel Jospin, équipe dans laquelle on retrouvait également Dominique STRAUSS KHAN, Ségolène ROYAL, Jack LANG.

Le bilan les engage tous, nous engage tous !

Alors arrive la question de la sincérité :

Il ne serait pas sincère ?

On ne peut pas critiquer les camarades, les accuser d’autisme et dans le même temps douter de leur sincérité lorsqu’ils se livrent à la critique de notre action passée.

Deuxième Question :

Qui peut rassembler les socialistes ?

Celui qui d’abord respectera les règles du Parti, son fonctionnement, son calendrier. En respectant ce sur quoi nous sommes tous engagés : le projet.

Nous pouvons nous retrouver sur ce texte à condition de ne pas en sortir, à condition de ne pas avoir comme seule obsession d’aller draguer les voix des indécis, d’aller mordre sur l’électorat de droite.

Il n’y a pas de rassemblement des socialistes possible sur l’encadrement militaire, sur la suppression de la carte scolaire ou sur une quelconque remise en cause des 35 heures.

Rassembler les socialistes, c’est respecter leur soif de débat, c’est répondre aux sollicitations des jeunes socialistes, ne pas refuser les échanges, en laissant croire que tout débat entre nous joue contre nous.

J’ai été surpris, choqué, d’entendre Ségolène ROYAL déclarer quelques heures après que le bureau national a décidé de l’organisation de six débats que « la machine à perdre était en marche ». Si l’on ne peut pas débattre, ou alors à reculons, sur quoi devons-nous nous appuyer pour choisir ? Sur les sondages ?

Est-ce à un échantillon représentatif de 400 personnes de décider du choix de 180 000 militants ?

La force de Ségolène ROYAL aujourd’hui est sa capacité à s’appuyer sur la des-idéologisation de notre société. Sa capacité à répondre sur la base d’enquêtes d’opinions à ce que seraient les attentes des Français. Tant de Français pensent ceci, tant de Français pensent cela, en un mot, cela revient à dire :

« Dites-moi ce que vous voulez, j’en ferai mon programme »

Jamais avec une telle logique, nous n’aurions aboli la peine de mort dans notre pays.

Nous devons au contraire indiquer le chemin, tracer la route, indiquer aux Français ce que nous voulons faire une fois arrivés aux responsabilités.

La troisième et dernière question, c’est la question du rassemblement de la gauche

Respecter nos partenaires, ne pas les considérer comme seule force d’appoint d’entre deux tours serait déjà un bon point de départ.

Une fois passé le premier tour, nous devrons rassembler toute la gauche pour gagner. A moins qu’il n’y ait une autre stratégie ? Que soit fait le choix de l’hypothétique captation des voix centristes?

C’est une obsession chez certains de nos camarades. Sauf qu’à chaque fois, le constat est le même, quand nous faisons des concessions aux idées de droite, en matière économique ou dans le domaine de la sécurité, par exemple, nous ne prenons aucune voix à la droite mais nous en perdons beaucoup dans notre camp.

Laurent Fabius a dit quelque chose de très juste hier « Sarkozy court après le Pen, si nous courons après Sarkozy, nous sommes morts ».

Je suis persuadé de cela. C’est en réaffirmant fortement, fermement nos valeurs, que nous réussirons à rassembler l’ensemble de la gauche au second tour, sans oublier bien sûr que le rassemblement sera certainement plus facile à opérer autour d’un candidat qui, le 29 mai 2005 ne se sera pas trouvé en décalage avec 2/3 de son électorat.

Je termine d’un mot plus personnel. Après avoir jeté l’éponge en décidant de ne pas être candidat à l’investiture, Arnaud Montebourg a choisi de rallier Ségolène Royal, c’est son choix, c’est un choix personnel que je respecte mais qui m’attriste d’autant que je n’en comprends pas les raisons.

Secrétaire général de « Rénover, maintenant » j’ai décidé de faire un autre choix, celui de Laurent Fabius. Je lui ai donné hier, comme membre du conseil national du Parti, ma signature en soutien à sa candidature.

Je ne sais pas ce que deviendra « Rénover, maintenant » dans les jours à venir mais je considère qu’à partir du moment où aucun camarade du courant n’est candidat à la candidature, le libre choix devrait être donné à chacun. Arnaud décidera :

Tous derrière Ségolène Royal et alors les pertes seront lourdes
Ou liberté pour chacun de choisir en conscience, seul moyen de préserver l’unité du courant.

J’espère que la raison l’emportera et qu’il ne laissera pas la question présidentielle faire imploser le courant rénovateur.

Mes amis, mes camarades, je voudrais, en vous quittant, lancer un appel. J’ai vu hier une militante qui portait un badge sur lequel on pouvait lire « rassembler la gauche ». j’aimerais mes camarades, que nous commencions d’abord à rassembler la gauche du Parti et je m’adresse à Marie –Noëlle, à Marc, à Gérard, à Jacques, à Alexis ainsi qu’à Jean-Luc et je leur dis : nos différentes chapelles n’ont plus de sens. Certes, nous avons, de par nos trajectoires politiques, des différences. Mais nous savons bien que nous sommes d’accord sur l’essentiel. A quoi bon peser 45% si nous sommes éparpillés en 10 tendances et courants différents.

Je lance, ici à Cuincy, cet appel au rassemblement de toute la gauche du parti. Mais c’est de votre responsabilité. Nous attendons, nous sommes impatients, unissons nos forces, nous sommes observés à l’extérieur par de nombreux militants et sympathisants qui se désespèrent de leur parti socialiste.

Rassemblés, nous irons à la victoire en faisant désigner Laurent Fabius comme candidat des socialistes puis en gagnant ensuite les présidentielles pour faire gagner la gauche et faire triompher nos valeurs.

J’ai confiance mes camarades.

Merci.